
Dans ce 19e épisode, nous parlons de la pseudogoutte, aussi appelée chondrocalcinose ou rhumatisme à pyrophosphate de calcium. Cette maladie touche 4 à 7% de la population mais reste encore méconnue. Elle est liée à des dépôts de cristaux dans les articulations pouvant provoquer des inflammations douloureuses. Avec la rhumatologue Eva Benillouche, nous expliquons comment elle se développe et comment la distinguer de la goutte.
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Une maladie liée à des cristaux articulaires
La pseudogoutte se caractérise par des dépôts de cristaux de pyrophosphate de calcium, dans les articulations, notamment dans le cartilage. Ceux-ci peuvent rester silencieux pendant longtemps avant de déclencher, dans certaines situations encore mal comprises, une réaction inflammatoire du système immunitaire. Cette réaction peut provoquer des crises articulaires aiguës, survenant en quelques heures, avec des douleurs importantes, un gonflement et une limitation de la mobilité.
Les articulations les plus fréquemment touchées sont les genoux, les poignets et les épaules, mais les chevilles, les pieds et les mains peuvent également être concernés.
Cette maladie touche environ 4 à 7 % de la population adulte et reste souvent asymptomatique, même si elle peut parfois provoquer des inflammations douloureuses.
Eva Benillouche, rhumatologue
Pseudogoutte et goutte : deux maladies différentes
Bien que la pseudogoutte soit souvent comparée à la goutte en raison de symptômes similaires, il s’agit de deux maladies distinctes. La goutte est causée par des cristaux d’urate de sodium, tandis que la pseudogoutte est liée au pyrophosphate de calcium. Les facteurs de risque diffèrent également et, contrairement à la goutte, l’alimentation n’a pas d’influence démontrée dans la pseudogoutte.
Diagnostic : identifier les cristaux
Le diagnostic repose idéalement sur l’analyse du liquide articulaire obtenu par ponction. L’examen au microscope permet alors de mettre en évidence les cristaux caractéristiques de pyrophosphate de calcium. Lorsque cette ponction n’est pas possible, le diagnostic s’appuie sur l’évolution clinique, les analyses sanguines et les examens radiologiques.
Même si l’on ne peut pas éliminer les cristaux, les crises aiguës se traitent efficacement avec des anti-inflammatoires et l’évolution est généralement favorable.
Eva Benillouche, rhumatologue
Traitement et prise en charge
Le traitement vise principalement à soulager les crises inflammatoires. Il repose sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens, les corticoïdes ou la colchicine. À ce jour, il n’existe pas de traitement permettant d’éliminer les cristaux ou de guérir la maladie. Dans les formes avec crises fréquentes, un traitement de fond à faible dose de colchicine peut parfois être envisagé.
En dehors des crises, une activité physique régulière est recommandée afin de maintenir la mobilité et la force musculaire. Il n’existe pas de recommandations alimentaires spécifiques, mais une hygiène de vie équilibrée est conseillée pour soutenir la santé articulaire globale.
À retenir
Même si les symptômes peuvent être impressionnants, la pseudogoutte évolue le plus souvent de manière bénigne. Elle peut toutefois nécessiter une prise en charge adaptée en cas de crises répétées. La recherche continue afin de mieux comprendre ses mécanismes et d’améliorer les options thérapeutiques à l’avenir.
La brochure gratuite « La goutte et la pseudogoutte » est disponible dans la boutique en ligne de la Ligue suisse contre le rhumatisme:
