
L’ostéoporose est l’une des maladies les plus sous-diagnostiquées chez les femmes, avec des conséquences parfois lourdes. En Suisse, plus de 600 000 femmes devraient être traitées mais ne le sont pas. Après 50 ans, une femme sur deux risque une fracture liée à cette fragilisation osseuse. Dans ce 20e épisode de Le Rhumatisme et moi, la rhumatologue Camille Zambaz explique le rôle central de la ménopause et les moyens d’agir grâce à la prévention et au dépistage ciblé.
Écouter et s'abonner maintenant
Vous trouverez tous nos épisodes de podcast sur Spotify, Apple Podcasts et tous les canaux proposant des podcasts.
L’ostéoporose est une maladie silencieuse : elle ne provoque aucun symptôme et se révèle lors d’une fracture.
Camille Zambaz, rhumatologue
La ménopause correspond à l’arrêt des règles pendant au moins un an et survient en moyenne vers 50–51 ans. Elle peut être précédée de la périménopause, une phase qui débute parfois jusqu’à dix ans plus tôt et durant laquelle les cycles deviennent irréguliers. Ce changement est lié à la baisse progressive des œstrogènes et de la progestérone, responsable de symptômes comme les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, la sécheresse vaginale ou encore des douleurs articulaires.
Pourquoi les os deviennent plus fragiles à la ménopause
L’os est un tissu vivant en constante régénération, dont l’équilibre dépend fortement des œstrogènes. Leur diminution à la ménopause accélère le remodelage osseux : la destruction devient plus importante que la formation. Résultat, la densité osseuse diminue, la micro-architecture se désorganise et le risque de fracture augmente progressivement.
Une maladie silencieuse jusqu’à la fracture
L’ostéoporose ne provoque aucun symptôme avant la première fracture. Elle est souvent découverte tardivement, par exemple lors d’une fracture de la hanche ou d’une vertèbre. Les principaux facteurs de risque incluent le tabagisme, une consommation excessive d’alcool, un faible poids corporel, des antécédents familiaux de fracture, une ménopause précoce et certains médicaments comme les coticostéroïdes.
Dépistage : une approche individualisée
Le diagnostic repose entre autre notamment sur la densitométrie osseuse (DXA), qui mesure la densité minérale osseuse. Cet examen n’est toutefois pas systématique et dépend des facteurs de risque, de l’âge et des antécédents. On distingue l’ostéopénie (baisse modérée de la densité osseuse) de l’ostéoporose (perte plus importante avec risque accru de fracture), mais ces valeurs doivent toujours être interprétées dans un contexte global.
Bouger est un élément essentiel du traitement de l’ostéoporose : le mouvement contribue à préserver la solidité de l’os.
Camille Zambaz, rhumatologue
Prévenir l’ostéoporose au quotidien
La prévention repose sur plusieurs axes. Réduire le risque de chute est essentiel, notamment en adaptant l’environnement et en travaillant l’équilibre. L’alimentation joue aussi un rôle clé avec un apport suffisant en calcium, vitamine D et protéines. Enfin, l’activité physique est déterminante : les exercices en charge comme la marche, la danse ou la course stimulent la formation osseuse, complétés par du renforcement musculaire et des exercices d’équilibre.
Traitements : freiner ou stimuler la formation osseuse
Lorsque la prévention ne suffit pas, des traitements médicamenteux peuvent être proposés. Les anti-résorbeurs freinent la destruction osseuse, tandis que les traitements anaboliques stimulent la formation de l’os. Le choix du traitement dépend du profil de la patiente et les traitements sont limités dans le temps. Le traitement hormonal substitutif peut être envisagé lorsque le risque de fracture est modéré mais n’est pas considéré comme un traitement contre l’ostéoporose.
Un message clé : rester active pour protéger ses os
L’ostéoporose reste une maladie fréquente mais souvent évitable. Bouger, renforcer son corps, bien s’alimenter et prévenir les chutes sont des gestes essentiels pour préserver la santé osseuse, particulièrement après la ménopause.
La Ligue suisse contre le rhumatisme propose de nombreuses informations et offres de soutien autour de l’ostéoporose, notamment des vidéos d’exercices, du matériel d’information, un calculateur de calcium ainsi que d’autres ressources de prévention. À partir de l’automne, un nouveau test d’évaluation du risque d’ostéoporose viendra compléter ces offres.
Vidéos d’exercices
